Que diriez-vous de devenir le compteur d’histoires d’un puzzle game très très original ?
Parce qu’il n’y a pas qu’Elden Ring dans la vie (et qu’ils n’ont toujours pas sorti le DLC), et que j’ai un goût immodéré pour les jeux étranges, voici Storyteller, un puzzle-game hyper original.
Dans ce petit jeu sorti au printemps dernier, vous incarnez un compteur, ou un illustrateur, face à une page vierge. Vous devez raconter une histoire avec pour seule contrainte de respecter une unique phrase. Vous avez à votre disposition pour cela des personnages et des décors, ces décors définissant les actions qui vont s’y dérouler.
Pour être plus explicite, voici un exemple du tout début du jeu. Vous devez illustrer « Eve meurt le cœur brisé », les décors à votre disposition sont Amour et Mort, et les personnages Adam et Eve. Il faut donc commencer par faire qu’Adam et Eve s’aiment, en déposant le décor Amour puis les deux personnages dans le décor. Ensuite faire mourir Adam en le plaçant dans la tombe, et enfin dérouler l’histoire jusqu’à la mort d’Eve…

Si le début est très mielleux avec des histoires d’amour simplètes, le jeu évolue avec des meurtres, des loups-garous, du poison et devient évidemment de plus en plus difficile. Le jeu a un côté fascinant dans la prise en compte des décors et personnages, qui permettent de refaçonner l’histoire en temps réel. Un déplacement d’une case va par exemple complétement changer la suite, un personnage meurt et c’est son fantôme qui est alors représenté sur les cases suivantes. Toute modification d’une case entraîne en cascade un changement complet de l’histoire, et les solutions sont multiples. La direction artistique est très agréable, elle colle parfaitement au thème du jeu, les animations des personnages ajoutent un coté vivant. Le sound design est aussi très réussi.

14 chapitres, 60 niveaux, le jeu est court avec une durée d’environ 3 heures. Une récente mise à jour a ajouté une rejouabilité de certaines scènes avec un nouveau personnage, le diable.
Storyteller est un petit jeu très original donc, disponible sur PC et Switch, mais aussi plus récemment sur iPhone et Android et gratuit pour les abonnés Netflix.
Cet article a été initialement publié sur polygamer.com.








Le GM intervient à de nombreux moments, dans des rôles très différents. Si certaines de ses incursions sont réussies, d’autres prêtent nettement plus à sourire et me sortent de l’immersion.
Oriane nous parlait lors du briefing d’un druide terrifiant, il se peut que nous ayons trouvé son passage secret. Nous progressons et le décor change totalement, plus de travaux, nous sommes transportés au temps des Gaulois, mais pas ceux très colorés des BD d’Uderzo et Goscinny. La température se rafraîchit d’un coup (est-ce notre imagination ?), tout devient plus sombre et inquiétant.
Nous progressons dans le tunnel et le train est bien là, caché sur une voie détournée. Les décors sont de toute beauté, et pourtant nous n’avons encore rien vu. Parler du wagon restaurant ne dévoile aucun secret puisque ce sont les photos de communication de l’enseigne, et tout le reste est à l’avenant. Si nous devions faire un reproche à ce moment de l’aventure, ce serait sur les éléments de décors collés, qui cassent un peu l’immersion. Fylo en parlera sans doute dans sa partie, pour ma part ça ne me dérange pas outre mesure.




A la relecture, je me rends compte que je n’ai pas parlé des infectés, ou si peu. Les claqueurs qui tuent en un coup sont toujours présents, leurs bruits provoquent les mêmes sensations, effrayantes. L’infiltration est toujours indispensable, au risque de manquer de munitions.





Comme dans tout jeu narratif, le joueur peut décider de l’orientation des dialogues. Mais plutôt que d’avoir le choix entre différentes phrases, South of the Circle présente des « émotions », cinq pictos qui vont de l’inquiétude à l’enthousiasme. Le choix d’une des émotions va poursuivre la discussion, avec une fluidité bien plus immersive que des choix de phrases pré-affichées. Certaines décisions vont avoir un impact sur l’histoire, mais d’une manière très surprenante qui ne peut être comprise qu’à la fin des trois à quatre heures de jeu, dans un très étonnant retournement. Si la narration l’emporte sur tout le reste du gameplay, d’autres actions sont toutefois contrôlées par le joueur, comme les déplacements du personnage ou la conduite par exemple.

Commentaires